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Biologiste marin, Sylvain explore la toxicité des microalgues

Invisible à l’œil nu, le phytoplancton est pourtant indispensable à la vie dans les océans. Mais certaines microalgues peuvent produire des toxines qui se propagent à travers les chaînes alimentaires marines. C’est ce phénomène qui passionne Sylvain, post-doctorant au LEMAR. Après un parcours entre Nantes et plusieurs instituts de recherche de renom aux États-Unis, il étudie aujourd’hui les effets du phytoplancton toxique sur les animaux marins et le devenir de ces toxines dans les écosystèmes.

Encadré par Caroline Fabioux et Hélène Hégaret, son projet s’inscrit dans le thème 4 « L’océan vivant et les services écosystémiques » d’ISblue.

Qui es-tu et d’où viens-tu ?

Je viens de Vendée, près de Nantes, où j’ai aussi fait mes études. J’ai d’abord étudié la SVT en licence, avant de me spécialiser en biologie marine en master.

Comment as-tu entendu parler de l’appel postdoctoral ISblue ?

J’ai entendu parler de l’appel grâce à ma co-directrice de thèse, Hélène Hégaret, DR CNRS au LEMAR. 

Mon post-doctorat a débuté en début d’année 2026 et va durer deux ans.

Quel est ton sujet de recherche actuel ?

Je travaille sur le devenir et le transfert des toxines produites par certaines microalgues (des algues microscopiques) toxiques chez des espèces marines animales exploitées mais encore peu étudiées, dans la rade de Brest. L’objectif est de mieux comprendre comment ces toxines s’accumulent dans les différents tissus, se transfèrent dans les chaînes alimentaires, et à quelle vitesse les animaux peuvent se détoxifier. Ce travail permettra d’identifier les risques pour les écosystèmes marins et, potentiellement, pour la santé humaine. On réalisera à la fois des campagnes d’échantillonnage dans la Rade de Brest durant les efflorescences toxiques des microalgues pour collecter des animaux, comme des araignées de mer, des crabes, des crevettes et des dorades, et d’autre part des expériences d’exposition au laboratoire. 

Quel a été ton parcours avant d’en arriver là ?

Après ma thèse au centre Ifremer de Nantes (2017-2020), j’ai poursuivi avec deux postdoctorats aux États-Unis, au VIMS (Virginia Institute of Marine Science de 2021 à 2023) puis au WHOI (Woods Hole Oceanographic Institution de 2023 à 2025), avant de débuter mon postdoctorat ISblue à Brest, au laboratoire LEMAR (2026-2028).

Qu’est-ce qui t’a donné envie de travailler dans les sciences marines ?

C’est lors de mes études que j’ai vraiment eu envie de m’orienter vers les sciences marines. J’ai réalisé un premier stage de master 1 dans un laboratoire de biologie marine (ISOMer, Nantes), sur les microalgues, et cette expérience m’a tout de suite plu. J’ai ensuite intégré un master 2 de biologie marine, puis effectué un second stage dans ce domaine à l’université de Szczecin en Pologne. À partir de là, il m’a semblé évident de continuer dans cette voie.

À quoi ressemble ton quotidien de chercheur ?

Mon quotidien est très varié. Il consiste à concevoir les expériences, les mettre en place et les réaliser, mais aussi à encadrer des étudiants et à enseigner. Une grande partie du travail concerne ensuite l’analyse des résultats et leur valorisation à travers des publications ou des présentations en conférence. Il faut aussi rester attentif aux opportunités professionnelles, préparer des candidatures et construire la suite de son parcours.

Quel est ton plus beau souvenir de terrain ou de recherche ?

J’ai beaucoup de très bons souvenirs, aussi bien liés aux expériences en laboratoire qu’aux campagnes d’échantillonnage en mer. Il y a aussi les conférences, qui m’ont permis de découvrir des endroits où je ne serais probablement jamais allé autrement. 

Y a-t-il une réussite dont tu es particulièrement fier ?

Je suis particulièrement fier d’avoir réussi à continuer à travailler sur les microalgues toxiques depuis plusieurs années. C’est un domaine qui me passionne, et j’ai eu la chance de pouvoir poursuivre mes recherches sur ce sujet à travers différentes expériences, en France comme à l’international.

Y a-t-il un échec ou une difficulté qui t’a marqué ?

Je travaille sur des organismes vivants, qu’il s’agisse de microalgues ou d’animaux marins, et il y a donc toujours une part d’imprévu. Certaines expériences ne se déroulent pas comme prévu et les échecs font partie du travail de recherche. 

As-tu une idée / un projet pour « l’après post-doc » ?

Après ce post-doctorat, j’aimerais continuer à développer mes propres projets de recherche et obtenir un poste durable à l’université ou dans un institut de recherche.

Et en dehors de la recherche, qu’est-ce qui te fait décrocher ?

Comme je suis arrivé à Brest il y a peu de temps, je découvre le Finistère et passe du temps avec mes amis essentiellement.

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