Du 5 au 9 janvier 2026, un groupe de 16 étudiant·es a participé au PIM AnthropoCASE, avec pour objectif d’étudier des cas réels de projets scientifiques développés en Nouvelle-Calédonie, afin de questionner les liens de proximité entre la construction des savoirs, la construction du politique et les relations de pouvoir dans un contexte post-colonial.
Mener des recherches dans le domaine des sciences marines nécessite parfois d’étendre son terrain de recherche dans des territoires qui sont géographiquement et culturellement éloignés de l’Hexagone. Cela pose des questions éthiques qu’il faut prendre en considération et qui nécessite de construire sa propre réflexion : pourquoi et comment recueillir le consentement éclairé, voire la participation active, des communautés locales ? Pourquoi et comment assure-t-on la transparence et la restitution des données, pourquoi et comment assure-t-on le partage des bénéfices et la reconnaissance des savoirs des usagers et des autochtones ? Comment travaille-t-on réellement en transdisciplinarité entre sciences naturelles et sciences humaines ? Comment la science peut être un outil d’émancipation, sans être un prolongement du pouvoir post-colonial ?
En s’appuyant sur des archives historiques et des entretiens avec des acteurs·rices de terrain, les étudiant·es ont exploré des histoires vraies de l’histoire des sciences pour en tirer des hypothèses concernant les contextes géopolitiques, les représentations sociales, les motivations des protagonistes et l’héritage colonial qui ont structuré ces projets.



Pour éclairer ces enquêtes, des rencontres avec différent·es chercheur·es et professionnel·les ont été proposées aux étudiant·es :
Ces expert·es ont apporté des éclairages essentiels pour guider l’analyse critique des étudiant·es qui ont pu élaborer un arbre des causes, rédiger différents posters et également un guide de bonnes pratiques à destination des chercheur·es.
Cette formation a permis aux participant·es de développer des compétences analytiques, méthodologiques et réflexives, tout en questionnant leur posture en tant que futur·es scientifiques (neutralité, engagement, partenariats, décentrement européen). Ils·elles ont été invité·es à penser de manière critique la production des savoirs et leur gouvernance dans des contextes marqués par des héritages coloniaux complexes.